Le théâtre en Afrique

Si Kateb Yacine, l’auteur de Nedjma, l’un des plus grands romans algériens de langue française, est retourné au pays aux lendemains de l’Indépendance pour écrire et faire du théâtre en arabe dialectal, c’est qu’il souhaitait parler à ses compatriotes de manière à être compris par les couches les plus populaires.

Si  le spectacle Townships Stories écrit et mis en scène par Mpumelelo Paul Grootboom a été si bien accueilli dans son pays et ailleurs, c’est parce qu’il pose un regard sans concession sur la violence des bidonvilles de l’Afrique du Sud d’après la libération et montre que l’apartheid de classe a survécu à l’apartheid de race.

Si le théâtre où devait être représentée au début des années quatre-vingt Maitu Njugira du grand écrivain Ngugi wa Thiong’o a été rasé après son interdiction, c’est que le pouvoir kenyan d’alors ne souhaitait pas que cette pièce en kikuyu très critique vis-à-vis de sa gestion du pays parvienne au bas peuple.

Si les pièces de Wole Soyinka lui ont valu le prix Nobel de littérature, c’est qu’avec une acuité et une puissance rares elles rendent compte de la complexité des sociétés africaines, qu’elles soient traditionnelles ou modernes, dans une langue et une esthétique autant enracinées dans sa culture nigériane qu’ouvertes sur le monde.

Si le théâtre de Dieudonné Niangouna interpelle, c’est qu’il met le doigt dans la plaie : il a mis au point après la dernière guerre du Congo une technique de mise en scène, le big, boum, bah, pour donner comme il dit une réplique au son de la kalachnikov et il a récemment écrit et créé N’kenguedji pour parler de la crise migratoire en Méditerranée.

Le théâtre en Afrique qu’il soit d’hier ou d’aujourd’hui, du Nord, du Sud, de l’Est, de l’Ouest ou du Centre, en langues vernaculaire ou véhiculaire, est toujours en prise avec réel et est pour cela l’un des meilleurs baromètres des réalités contemporaines.

Être à son écoute, c’est se donner les moyens d’entendre d’autres sons de cloche pour mieux comprendre le monde actuel, aider à son essor c’est fournir aux hommes et aux femmes un outil formidable pour la compréhension d’eux-mêmes et leur questionnement.

Kouam Tawa, auteur et dramaturge

Pour sa 17e édition Le Temps du Théâtre présente les spectacles suivants :

  • ALI 74, le combat du siècle (France)– Compagnie LA VOLIGE.
  • création / Stabat Mater Furiosa de Jean-Pierre Siméon, création de la SERINGU’ART, compagnie en résidence à la halle de l’étoile depuis un an et en Compagnonnage artistique avec Isabelle Pousseur co-directrice du Théâtre Océan Nord de Bruxelles.
  • création / BUNGA, création de Rita MUKEBO, plasticienne et performeuse en résidence cette saison à la Halle de l’étoile.
  • SINUETTE exposition-performance de Jean Katambayi.
  • L’Ecole de Théâtre de Lubumbashi – Cabinet souk et zouk – texte et mise en scène de Fabien Kabeya Mukamba.
  • Les requins sont innocents de Célestin KASONGO – MULAO Théâtre
  • Container de Raymond CHARRETIER – Compagnie LUMIERE D’AFRIQUE.

Ci- dessous le calendrier  des représentations

Vous pouvez télécharger le dossier complet du festival ici : Dossier le temps du théâtre à LubumbashiWeb